Edito

Lorsque la vie reprend ses droits, alors la créativité se déploie

 
Tandis que le marché est devenu une fin en soi et que les stratégies d’entreprise comme les visions d’Etat sont pour la plupart régies par la logique de marché recherchant profits et gains immédiats, mettant ses acteurs en concurrence et les individus en compétition pour « en tirer le plus de productivité possible » voilà que la consommation sans fin épuisant les ressources conduit à prendre conscience de la Terre, de l’environnement, des ressources limitées, des effets de la pollution, etc, etc. Cette prise de conscience « écologique » a mené en quelques décennies nombre de citoyens à réaliser qu’ils font partie du vivant et à ce titre redécouvrent ses lois.
 

Plusieurs révolutions

 
L’évolution de la physique de Newton à celles de la mécanique quantique révolutionne nos représentations du réel et met en évidence les lois de la matière non visible (infiniment petit) qui ont une logique différente de la physique que nous appréhendons dans notre quotidien. De ce fait, la physique quantique en vient à expliquer les lois du non visible (nous ne voyons pas nos atomes mais ils nous constituent et leurs lois nous régissent).
La biologie n’est pas en reste pour opérer ses mutations. Obtenant à la fois les outils pour explorer toujours plus loin ce qui n’est pas toujours observable, les neurosciences comme la génétique ou la biologie déflorent des terrains inexplorés repoussant nos représentations du réel et modifiant notre rapport à la matière et à la vie. La poussée écologique a elle aussi contribué à placer la biologie sur le devant de la scène et voilà que celle-ci et une de ses spécialités, le biomimétisme, tirent des enseignements du vivant pour apporter des réponses concrètes et pragmatiques aux excès de l’industrialisation puis de la croissance/consommation.
 
Notre modèle économique est parvenu à saturation, il a besoin de se réinventer en privilégiant les valeurs de la vie et non celle de la mort, car la coopération est le mode de fonctionnement majoritaire dans la nature et la compétition celui que le vivant utilise en dernier recours.
 
En effet, le darwinisme social a abusivement tiré des conséquences des travaux de Darwin généralisant la « loi du plus fort » a tous les champs de la vie humaine justifiant son hypothèse des observations de la nature. Les temps semblent désormais sourire à Lamarck car nous prenons conscience que nous sommes un élément du vivant et que ce dernier nous donne des leçons de durabilité comme d’autosuffisance. C’est ainsi, que nous sommes aujourd’hui convoqués à regarder le processus du vivant dans sa complexité et d’étudier ce qui a permis à la vie de se perpétuer durant 3,8 milliards d’années malgré des crises majeures ayant entraîné parfois l’extinction de près de 90% des espèces. La résilience du vivant a raison de nos arrogances et nous convie à l’humilité et à l’observation créative.
 

Quel lien avec la mutation au sein des organisations?

 
1- La complexité de notre monde globalisé met en évidence notre fonctionnement en réseau et les effets systémiques de nos interactions qui rendent le quotidien chaotique, imprévisible, difficile à appréhender et pourtant il serait bien utile d’avoir des clés de compréhension ET des modalités opérationnelles pour appréhender les nouvelles lois, souvent invisibles de ce monde en mutation.
 
2- Ensuite, l’inspiration du vivant nous convie à revisiter nos business modèles afin de créer du business alliant valeurs de vie, durabilité et performance. Il est alors question d’un nouveau paradigme de la croissance. Une croissance pour l’activité humaine sans prédation des ressources et sans détérioration de l’environnement. Pour y parvenir la créativité humaine déploie des talents d’innovation:
–       l’économie sociale et solidaire qui en plaçant l’être humain au centre des préoccupations permet de résoudre des problèmes de société en faisant travailler tous les acteurs, en dégageant des profits et en apprenant à être performante, engagée dans la RSE et durable ;
–       l’économie de fonctionnalité substitue à la vente d’un bien celle d’un service ou d’une solution intégrée remplissant les mêmes fonctions que le bien, voire des fonctions élargies, tout en consommant moins de ressources et d’énergie et en créant des externalités environnementales et sociales positives ;
–       l’économie circulaire, sur les bases du cradle to cradle (berceau vers le berceau), est une nouvelle philosophie de la production industrielle qui intègre, à tous les niveaux, de la conception, de la production et du recyclage du produit, une exigence écologique dont le principe est la zéro pollution c’est-à-dire le 100 % recyclage.
 

Les conséquences consistent alors à revisiter :

 
–       nos industries,
–       nos modèles économiques,
–       nos rapports à la propriété,
–       nos rapports aux ressources premières et aux objets finis….
 
Et bien entendu entraînent des :
–       comportements collaboratifs,
–       recompositions des territoires,
–       nouvelles compétences, nouveaux métiers,
–       nouvelles collaborations, écosystèmes, nouveaux partenariats…
 
En un mot une véritable mutation des mentalités, des comportements, des pratiques, des modes industriels et tout le monde sait que de telles évolutions nécessitent des transformations profondes de nos représentations sur le réel, d’acceptation de faire le deuil des modèles passés. Et pour ne pas les faire dans la douleur ou à l’aune de dépôts de bilan cela nécessite de décider d’anticiper, de vouloir muter et d’appréhender la composante humaine dans ces métamorphoses d’envergure.
 
Pour les entreprises nous voyons alors se dessiner les nouvelles collaborations entre R&D, marketing, DRH, RSE, DD….
 
Les Ateliers de la Mutation se proposent de vous donner un avant goût des moyens de muter grâce à la journée du 10 avril 2013.

Découvrez le programme de la journée

Bulletin d’inscription – Save the date…

Comments are closed.